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Louis


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mardi 18 juillet 2017

Urgences = Patience


Les hasards de l'évolution de mos état de santé m'ont amené hier à aller aux urgences de mon hôpital favori !

Depuis ma première chimio du 7 juillet, beaucoup de choses on chargé...

Le plus gênant sont les vertiges dont je me plains depuis près de deux ans qui s'amplifient au point de pourrir ma vie. Je suis ainsi incapable de rester plus de quelques minutes debout. Jugez des problèmes que cela pose pour la simple confection d'une sauce blanche ou une attente  chez un commerçant...

Micheline a téléphoné hier à mon oncologue qui a conseillé d'aller aux urgences.

15h, arrivée et prise en charge : rapide, check-up habituel, prise de sang, tension, température...
Durée 10 minutes.

15h50, rencontre avec le médecin qui m'examine, me questionne, m'écoute...
Durée 20 minutes

16h15, annonce que l'on va me faire un scanner du cerveau !

16h55, après plusieurs demandes restées sans réponse quant à l'horaire de l'examen, je menace de quitter ma chambre.

16h57, miracle, la brancardière vient me chercher. Gymkhana dans les couloirs et rangement du patient toujours sur son lit dans un couloir vide. 

17h15, le scanner est fait et je suis revenu dans ma chambre !

18h, entrée du médecin : il faut attendre les résultats...

Quelques nouveaux examens pour passer agréablement le temps et à 19h, renvoi dans mon foyer. Le scanner est très bon, j'ai une petite infection d'origine inconnue qui oblige à prendre des antibiotiques pendant une semaine. Au moindre signe de fièvre à partir de vendredi 21, je dois revenir. 

Il y a de ces menaces qui vous donnent froid...

mardi 11 juillet 2017

Que faire face à Attila ?


C'est ainsi que je surnomme désormais la radiothérapeute qui a pris en charge l'extermination du petit restant de ma tumeur ! Et pour cause : Là où elle passe, les cheveux ne repoussent jamais !

Notez que ça m'est égal  et que j'assume cette calvitie précoce avec humour. Cet article en est la preuve !

Mais, car il y a un mais, je dois protéger mon crâne des rayons du soleil... J'ai bien pensé demander une de ses mitres à mon cousin Jean-Pierre mais cela s'avère difficile à porter dans les transports en commun ou dans ma voiture. Une casquette avec visière vers l'arrière, cela fait trop jeune. Non, j'ai décidé de trouver un chapeau. Direction mon tailleur préféré, "Les Champs Élysées" Et miracle, tout droit sorti d'une réserve, LE chapeau !

Merci à Carine et Gérald de me l'avoir offert ! Cela valait bien cet article !

vendredi 7 juillet 2017

Chimio première ! Clap.


Nous y sommes. Aujourd'hui, j'ai subi ma première chimio...

C'est le début de 18 semaines de traitement de ce cancer de la prostate qui s'est rappelé à mon mauvais souvenir il y a 16 mois.

Arrivée à l'hôpital à 10h30 et début des hostilités avec la visite chez l'oncologue. Avant on disait cancérologue mais cela faisait peur. Alors on a changé !

Analyse des heures et des jours à venir et premier rencontre avec le service. Questionnaire habituel, conseils, explications de ce qui va se passer. Bref de quoi rassurer le patent. Moi, j'aime savoir, j'aime comprendre !

Placement de la tuyauterie via une aiguille piquée dans le port a cath. On ouvre les petites vannes et c'est parti pour un produit de nettoyage? Puis vient le médicament actif mais avant cela, on veut protéger mes ongles. Me voici équipés d'une paire de gants entoures de grosses moufles sortant tout droit d'un congélateur. Mes deux mains sont très lourdes et très froides. Où les poser ?

C'est le moment que l'on attendait pour m'amener mon repas !!!

Avez-vous déjà mangé des spaghettis bolognaise avec des gants de boxe ? Bon courage ! C'est Micheline qui doit me donner la becquée? En récompense elle a droit à un potage prévu pour les accompagnants !

Heureusement cela ne dure pas trop longtemps. Le traitement est terminé pour aujourd'hui.

Une visite au service diabétologie où l'on m'initie au maniement d'un appareil de mesure de la glycémie et retour à l'appartement vers 15h45.

Grosse journée et grosse fatigue.

Demain est un autre jour...

jeudi 29 juin 2017

Port-A-Cath


Définition :
Dispositif destiné à permettre des injections régulières par voie veineuse sans devoir piquier le patient Cela consiste en un petit boitier implanté sous la peau et muni d'une cloison en silicone destinée à recevoir l'aiguille. Le boitier est relié à une grosse veine (jugulaire, par exemple).

C'est cet objet que l'on m'a implanté hier. Il se situe environ 20 centimètres au dessus de mon sein gauche au niveau de la clavicule et restera en place aussi longtemps que voulu !

Ainsi lors de mes séances de chimiothérapie, on ne devra pas "chipoter" pour trouver une bonne veine.

Si l'intervention s'est bien passée en moins d'une demi-heure, le reste de la journée a été épouvantable ! Jugez-en vous-même :
- Arrivée à 7h30, opération prévue à 9h37.
- Départ de ma chambre à 11h25
- Opération de 12 à 12h30
- Réveil à 12h45
- Retour à ma chambre à 13h - Repas tartine.
- Visite de l'assistant chirurgien à 17h pour me libérer.

Soit plus de 8 heures d'attente sans avoir aucune nouvelle ! Merci le GHdC, je m'attendais à mieux !


mardi 27 juin 2017

Chimiothérapie


Ce seul mot donne parfois froid dans le dos...

On repense à plein de personnes qui ont subi ce traitement avec plus ou moins de chance, de réussite.

Je m'y attendais,  je vais bientôt faire partie des patients de  l'hôpital de jour. Ainsi en ont décidé les médecins qui me suivent depuis plus d'un an. 

L'épisode de la tumeur au cerveau (d'origine prostatique) a sûrement beaucoup joué dans cette décision.

Voici donc la suite des événements : 6 séances espacées de trois semaines à partir de début juillet.

Mon oncologue ne m'a pas caché qu'il y aurait des inconvénients : perte de mes cheveux, fatigue... 

Plutôt que de répéter cent fois les mêmes informations, je vous suggère de venir régulièrement ici. Je vais essayer de vous raconter régulièrement les temps forts des mois qui viennent. 

Que cela ne vous empêche pas de me téléphoner aussi. Cela fait chaud au cœur d'entendre des voix amies.

mardi 20 juin 2017

La tumeur (2)

Prêt à jouer dans un film d'horreur, me voici avec mon masque de radiothérapie. Cinq séances pour me débarrasser du petit reste de cette fichue tumeur. Cinq séances passées la tête enfermée dans ce masque destiné à empêcher tout mouvement.

Cinq séances pendant lesquelles j'ai eu une pensée pour deux ou trous amies claustrophobe !

Rassurez vous, cela ne durait que quelques minutes et je n'en suis pas traumatisé. Preuve ? J'ai accepté le cadeau !




samedi 3 juin 2017

La tumeur (1)


Pour celles et ceux qui ne le sauraient pas encore !

Le 12 mai dernier, on m'a diagnostiqué une tumeur au cerveau de 5 centimètres. Quatre jours plus tard, le Docteur Duhem du GHDC m'a opéré avec succès et est parvenu à enlever 99% de cette tumeur qui appuyait sur des zones vitales.

Les derniers jours, j'avais perdu presque l'usage de la parole et je n'arrivais plus à lire ni à écrire correctement. Mon séjour à l'hôpital n'a duré que 8 jours et depuis mon retour à domicile, je retrouve toutes mes sensations et toutes mes facultés.

Que va-t-il se passer dans les semaines qui viennent ? Je ne le sais pas encore mais j'entame une longue série d'examens qui devraient me permettre, je l'espère, de reprendre une vie normale.

Merci pour les innombrables marques d'amitié reçues de partout. Cela m'a fait réellement plaisir. 
  
36 agrafes !

Le président des Motivés reprend ses activités !




samedi 6 mai 2017

Dégâts miniers


Une nouvelle primée au concours des Éditions du Basson 2017.

Pierre, le début


C'est dans les années cinquante que j'ai commencé à travailler à Charleroi, Bruxellois arrivé un peu par hasard au Pays Noir. En ce temps-là, la région était attirante pour un jeune ingénieur. Les industries florissantes et les charbonnages pouvaient en séduire plus d'un. Ce fut mon cas pour mon plus grand malheur.

Pourtant, tout avait bien commencé. Le travail était intéressant et c'était bien payé. J'avais un logement de fonction situé près du puits saint Antoine où je travaillais et je m'étais vite fait de nombreux amis. J'étais invité un peu partout et très souvent, j'invitais au restaurant en remerciement. Aussi bien ville basse que ville haute, on trouvait d'excellentes tables et très rapidement, je suis devenu un client fidèle de ces bonnes maisons. C'est d'ailleurs là que j'ai fait connaissance de Gabrielle.

Jeune femme charmante, elle était née à Marcinelle et venait de terminer des études de pharmacienne. Elle avait repris l'officine familiale et y faisait de bonnes affaires. Georges, un ami commun nous avait présentés l'un à l'autre et cela avait été le coup de foudre. Moins d'un an après notre rencontre, nous étions mariés malgré les réticences de nos parents.

Les années ont passé, vite, trop vite. Le temps d'avoir deux enfants, je me suis retrouvé sans emploi. Le puits saint Antoine n'était plus rentable et allait être bientôt fermé. C'est ce que m'a déclaré Monsieur Lenoir, le gérant, en me tendant une lettre dont j'ai deviné le contenu. Étienne Lenoir était un homme dur et sans pitié. Au charbonnage, tous ses ouvriers le craignaient et peu de personnes trouvaient grâce à ses yeux. Un patron style XIXe siècle, persuadé d'être seul maître de "son" charbonnage et prêt à tout pour contenter ses actionnaires.


Gabrielle, le début


Dans ma famille, on est pharmacien de génération en génération. J'ai succédé à mon père qui avait succédé à son père à la tête de l'officine créée en 1904. J'étais la première fille de la lignée. Fille de bourgeois, je fréquentais la bonne société de Marcinelle, commune riche située au sud de la ville.

Georges, un ami de papa, avait eu l'idée d'organiser un grand repas pour son anniversaire et c'est là qu'il m'avait présenté Pierre, un jeune et bel ingénieur civil des mines au puits saint Antoine. Malgré l'opposition de nos deux familles, nous nous étions mariés et la naissance de nos deux filles avait rapidement arrangé les choses. Nous formions un couple riche, heureux et sans histoire. Nous habitions le grand appartement au-dessus de la pharmacie.

Ce jour-là, contrairement à son habitude, Pierre est rentré tôt. J'ai entendu ses pas dans l'escalier et j'ai profité d'un moment de calme pour monter. Il était débout près de la fenêtre. Il m'a tendu une lettre.

"Ce salaud de Lenoir est arrivé à ses fins !"

Pierre était licencié à partir du lendemain. Certes, il y avait une grosse prime en compensation, mais il se retrouvait chômeur comme le plus petit des mineurs du puits saint Antoine qu'on allait fermer pour cause de mauvaise rentabilité. Monsieur Lenoir partait lui aussi. Il était appelé à un poste plus élevé, à la direction générale du groupe financier propriétaire de l'exploitation.


Pierre, l'écrivain


Il fallait absolument que je retrouve du travail. À moins de cinquante ans, on est encore jeune, non ? J'ai tout essayé et partout je recevais la même réponse, trop vieux, peu au courant des nouvelles technologies. Enfin, tout ce que chaque demandeur d'emploi entend à longueur d'entretien d'embauche.

C'est Gabrielle qui m'a donné l'idée : "Et si tu écrivais ?"

Depuis longtemps j'avais envisagé de rédiger un bouquin sur ma vie. C'était peut-être le moment… Mon stylo courrait tout seul sur de grandes feuilles de papier lignées. Cela venait d'un seul jet comme si j'avais toujours voulu faire cela. Quand j'étais content de moi, je recopiais avec ma vieille machine à écrire. En quelques mois, j'avais pondu plus de trois cents pages sur la vie d'un jeune ingénieur dans le monde minier du Charleroi des années cinquante-soixante.

Avec mes relations, j'étais sûr de trouver un éditeur. Ce fut le désenchantement : "Trop long, trop plat, trop ceci, trop cela, pas assez…"

Bref, personne ne voulait de ma prose.

J'ai corrigé, réécrit, modifié, amélioré. En vain, la réponse était partout la même.

Découragé, j'ai abandonné mon projet et je me suis consacré à faire du bénévolat dans les écoles. J'ai vécu là beaucoup de moments enthousiasmants. Grâce à moi, des dizaines de gamins ont réussi leur vie, et j'en suis fier.

L'année touchait à sa fin quand j'ai lu qu'un Salon du Livre allait se tenir à Charleroi. Enfin, quelques intrépides allaient oser l'impensable ! Ma ville allait-elle enfin connaître une petite embellie culturelle ?

J'ai repensé à mon manuscrit et sans trop d'espoir, je l'ai envoyé à un nouvel éditeur spécialisé en récits régionaux. Le résultat ne se fit pas attendre. Un simple SMS : "super intéressé, prendre contact avec Isabelle Lenoir 0495…" Le lendemain, je me trouvais dans un bureau calme situé en pleine ville.

Isabelle Lenoir m'a accueilli avec le sourire et nous avons discuté devant un café.

"Je fais partie du comité de lecture et j'ai particulièrement apprécié votre récit. Mon père travaillait lui aussi dans un charbonnage et il m'a tant raconté…"

"Votre père… Étienne Lenoir ? S'agit-il d'Étienne Lenoir ?"

"Vous le connaissiez ?"

"Si je le connais ! Il était gérant du puits saint Antoine, où j'ai travaillé pendant toute ma carrière."

"Je me demande toujours comment les mineurs pouvaient ainsi travailler sous terre. Je crois que je serais morte si j'avais dû descendre. Moi, qui ne supporte pas les endroits clos, j'ai peur même dans un simple ascenseur."

Puis elle a ajouté : "Mon père est mort l'an dernier…"

Je n'ai rien répondu.

J'ai revu plusieurs fois Mademoiselle Lenoir pour mettre le livre au point. Elle m'a demandé de recopier mon manuscrit sur ordinateur et quand ce fut fait, nous avons passé de nombreuses heures face à face. Elle parlait, donnait ses ordres et n'écoutait guère. Comme un automate, je corrigeais, je changeais l'une ou l'autre phrase, je peaufinais mon texte sous sa direction.

"Vous pouvez faire encore mieux" était son leitmotiv.

"Forcez-vous un peu, que diable ! Je me demande comment vous avez pu travailler avec mon père ! Lui, c'était un vrai battant, un homme de décision, je suis tellement fière d'être sa fille !"


Gabrielle, dans l'ombre


Pierre en a bavé ! Son livre n'intéressait personne et il était désespéré jusqu'au jour où l'école voisine lui a proposé de venir aider des gosses en difficulté. Il s'est senti revivre et est très heureux des résultats obtenus.

Depuis peu, Pierre n'en revient pas. Son vieux manuscrit a trouvé preneur ! Régulièrement, il va travailler avec son éditeur pour que son livre soit prêt pour le prochain Salon du Livre de Charleroi.

Il parle peu et je ne le questionne pas. C'est son enfant, son œuvre et je ne veux pas intervenir. Je me contente de l'encourager, de lui dire que la vie valait la peine d'être vécue et que je serai sa première vraie lectrice. Il ne veut même pas me révéler le titre, choisi avec soin, prétend-il !

Il travaille toujours avec une sorte de rage de bien faire qui ne m'étonne pas de lui. Je le connais, mon Pierre, c'est un perfectionniste !


Pierre, face à ses lecteurs


J'ai bien vendu "Le noir pays", la couverture en noir et blanc attirait l'œil des visiteurs et la 4e de couverture n'a laissé personne indifférent. Pensez donc, un ancien de la mine racontant sa vie plus de trente ans après la fermeture du dernier charbonnage de la région, le Roton à Farciennes…

Le dimanche tirait à sa fin et tout le monde remballait ses affaires. Vers vingt heures, nous n'étions plus que nous deux, Isabelle et moi. Son patron était parti reconduire un de ses auteurs fétiches. Le grand hall était vide. Isabelle m'avait demandé de terminer le rangement avec elle. Bientôt, il ne resta plus que quelques chaises, j'en pris quatre et elle me suivit vers le fond en portant les deux dernières. Elle les a posées dans le cagibi, à côté des autres. J'ai brutalement fermé la porte et j'ai fait tomber un gros madrier juste contre la porte. Un malheureux concours de circonstance, cette porte bloquée ! Elle hurlait, je me suis éloigné lentement. J'ai descendu le lourd volet métallique, je suis sorti par la petite porte latérale et j'ai fait le tour du bâtiment. Pas un cri n'arrivait dehors. Seul le bruit des voitures passant sur le ring juste au-dessus rompait le silence. Ma voiture était devant, bien rangée rue de la Villette. Quelques minutes après, j'étais chez moi.

Gabrielle voulut savoir si le second jour avait été pareil au premier. Elle était venue le samedi et avait observé de loin les visiteurs qui passaient devant moi, qui s'arrêtaient souvent longuement et repartaient parfois avec mon livre en main. Puis, elle s'était approchée pour écouter : "Les gens sont bêtes, ils disent tous la même chose. On croirait que tous tes lecteurs ont travaillé dans la mine ! C'est marrant", m'avait-elle raconté à mon retour.

Le lendemain matin, j'ai reçu un coup de téléphone de mon éditeur s'étonnant de ne pas voir Isabelle.

"Je l'ai quittée vers vingt heures, elle rangeait les dernières chaises dans le cagibi du fond. Elle m'a demandé de fermer le volet…"

"Je file là-bas…"

Quelques minutes après, le téléphone sonnait. Il avait retrouvé le corps d'Isabelle. Horriblement claustrophobe, elle n'avait pas supporté de rester accidentellement enfermée durant quelques heures.

J'imaginais déjà les titres des journaux : "Un malheureux accident au Salon du Livre"


vendredi 23 décembre 2016

Juliette et le Prince Parlotte XIV


Conte écrit avec comme première et dernière phrase, celles de "La petite fille aux allumettes d'Andersen".

Il faisait effroyablement froid et Juliette était dans la rue. Elle attendait son papa devant l'école et il ne venait pas. Pourtant dès le matin, il avait promis : "Je serai là à seize heures, attends-moi sagement assise sur le muret."

La nuit est tombée et Juliette commence à avoir peur. La lueur des phares d'une voiture lui rend le sourire : Papa, c'est Papa ! Hélas, la voiture passe devant elle sans s'arrêter. Juliette frissonne. Où est-il ? Pourquoi est-il en retard ? Et s'il avait eu un accident ?

Madame Léontine, la concierge de l'école sort et la remarque.

"Que fais-tu là ?"

"J'attends Papa."

"Par ce froid de canard. Allez viens avec moi, j'habite tout près."

Sans méfiance, Juliette suit Madame Léontine. La maison est bien chauffée, mais il y a comme une drôle d'odeur que Juliette ne connaît pas…

"Veux-tu une boisson chaude ?"

"Oh oui, merci Madame !"

Quelques minutes plus tard, Madame Léontine revient de sa cuisine avec un bol fumant.

"Goûte-moi ça, mes petits-enfants adorent."

Le breuvage a une couleur jaune foncé. On croirait la couleur du vieux pantalon du jardinier, se dit Juliette en y trempant les lèvres. Ce n'est pas bon ! Mais elle est bien élevée et commence à boire doucement. Elle entend Madame Léontine : "Bonne nuit, ma petite !"

Quand Juliette se réveille, elle est dans une cave éclairée par une simple lanterne, elle a froid, elle a soif, elle crie… Rien, il ne se passe rien.

Dans un coin de la pièce, elle découvre une vieille couverture mitée. Pour un peu se réchauffer, elle la met sur son dos.

"Cric, cric…"

Qu'est-ce que ce petit bruit ?

"Cric, cric…"

Juliette en est sûre, cela vient du coin le plus sombre.

"Cric, cric…"

Juliette écarquille les yeux et enfin elle aperçoit une petite souris.

"Mais qu'est-ce que tu fais ici ?"

"Je ne sais pas."

Et elle raconte l'école, son papa, Madame Léontine, le bol et la boisson.

"Eh oui, je connais. Un thé à base d'orties et de champignons, c'est vraiment mauvais et ça endort en moins de deux !"

"Sais-tu comment sortir ?"

"Moi j'habite ici et je sors par mon trou, là dans le coin."

"Un vrai trou de souris, je n'y passerai jamais."

"Il ne faut jamais dire jamais ! Laisse-moi faire…"

"Bingo, Pingo, Tingo !"

Et Juliette se sent devenir petite, mais petite….

"Viens !"

Juliette suit son amie. Il fait noir, cela ne sent pas bon, parfois ça se rétrécit. Juliette se faufile. Elle marche dans l'eau. Parfois un courant d'air violent la fait vaciller. Elle continue avec courage. Au loin, une petite lueur. Elle presse le pas. Ça y est !

"Mais où sommes-nous ?"

"Dans le royaume du prince Parlotte. Je te laisse. J'ai du travail. Un seul conseil : sois polie et dis bonjour à tout qui t'adresse la parole, ici, il faut parler ! Et souviens-toi : "Bingo, Pingo, Tingo !"

La souris disparaît et Juliette marche seule dans ce pays inconnu. Elle croise des gens…

"Bonjour."

Un chien…

"Bonjour."

Juliette arrive devant un superbe bâtiment tout rose.

Le soldat dans sa guérite…

"Bonjour."

"Bonjour, Monsieur le soldat. Qui habite ici ?"

"C'est notre bon prince Parlotte, le XIVe du nom."

"Pourrais-je le rencontrer ?"

"Ce soir, il y a une grande fête et toute la population est invitée, mais il te faudra être mieux habillée et plus propre…"

Juliette est désespérée. Elle repense à son amie.

"Bingo, Pingo, Tingo !"

Et la voilà vêtue comme une princesse et sentant bon la rose.

La fête bat son plein et Parlotte parle avec tout le monde. Juliette observe de loin les courtisans qui se pressent. Un vieil homme à la barbe bleue. Là-bas, une jolie dame accompagnée de sept hommes tout petits qui se présentent…

"Bonjour, je suis Joyeux."

"Bonjour, je suis Dormeur."

Une jeune femme qui n'a d'yeux que pour Parlotte et la grande horloge. À minuit, elle disparaît de la grande salle en perdant une pantoufle petite, si petite. Parlotte la ramasse et la met en poche.

Il s'avance vers Juliette.

"Bonjour Juliette."

"Bonjour Prince. Vous connaissez donc le nom de tout le monde !"

"Eh oui, je connais tous mes sujets et tous mes invités."

"Croyez-vous que je pourrais retrouver Papa et Maman ?"

"Il me semble que tu connais une formule magique ?"

"Merci Prince !"

Juliette s'éloigne, d'autres personnalités s'avancent… Une petite fille tout de rouge vêtue avec un panier au bras, une jolie princesse avec un fuseau acéré à la main et même un groupe de gamins emmené par le plus petit d'entre eux qui sème des cailloux à chaque pas.

Juliette se décide enfin.

"Bingo, Pingo, Tingo !"

Elle se retrouve assise sur le muret. Papa klaxonne. Juliette monte dans la voiture.

"Ce soir, tu dors chez Bonne-Maman, comme prévu. Elle t'attend avec ton dessert préféré : une bonne tarte au riz !"

Juliette bat des mains ! Une tarte au riz de Mamy vaut bien toutes les fêtes du monde, même celle du prince Parlotte, le XIVe du nom !

Avant d'aller au lit, Mamy propose de lui lire un livre. Juliette a vite fait de choisir "Les contes de Perrault" et confortablement installée, elle goûtait dans les bras de sa grand-mère la plus douce félicité.

dimanche 16 octobre 2016

La chorale "Les Motivés" chante à Bruxelles


Fin de saison en apothéose ! Plus de quarante-cinq minutes de chants pour faire apprécier notre travail et surtout le travail de notre chef de chœur Olivier Bilquin qui a su faire de notre chorale un beau groupe de (presque) vrai(e)s choristes.

Dans la superbe salle de la Tricoterie, nous avons eu le plaisir d'interpréter quelques-uns de nos chants favoris pour lesquels nous avions répété depuis plusieurs mois !

Venez nous écouter...

Banuwa, berceuse du Libéria

Long walk to freedom : Medley sud africain

Utile (Julien Clerc)

Medley conso (Jean-Jacques Goldman – Alain Souchon)

Les mains d'or (Bernard Lavilliers)

jeudi 25 août 2016

Rencontre...


Il est parfois un simple détail qui vous emmène là où vous ne croyiez pas pouvoir aller ! Regardez cette photo. Elle n'a rien de bien extraordinaire et pourtant...



Comme chaque année, les Rencontres Pédagogiques d'été m'ont apporté leurs moments d'émotion. Une formation avec Marie Chasles sur le thème "l'improvisation pour construire un projet". En six jours nous avons réussi à présenter une courte pièce de théâtre sur le thème du Double JE.

Cette photo était celle de ma fille disparue depuis de longues années et je la regardais en permanence à chaque apparition sur scène.

Tout doucement, je me la suis appropriée, la manipulant avec précaution comme un trésor. Il faut dire que je suis resté seul avec elle pendant de longues minutes pendant que les spectateurs prenaient place, ne remarquant même pas l'entrée de Micheline. Un bel exemple de concentration !

C'était Valérie (Lucie dans la pièce), ma partenaire, qui avait choisi cette photo pour la représenter dès le premier jour.

Si Valérie ne ressemblait guère à l'image, Lucie, par contre, a collé à ce personnage de guerrière dès le premier instant où elle nous a dévoilé son identité. Une superbe "naissance" de personnage !

Encore un souvenir à engranger dans un petit coin de mon cœur où il y en a déjà beaucoup. Le privilège de l'âge probablement...

dimanche 31 janvier 2016

Ma chorale et les demandeurs d'asile


Vous le savez, la chorale "Les Motivés" dont Micheline et moi faisons partie depuis sa création en 2011 est atypique. Elle vit, meurt, revit soudain au hasard des concerts et des engagements.

Depuis près d'un mois, quelques choristes animent un atelier chant au centre de demandeurs d'asile, Fedasil de Jumet (banlieue nord de Charleroi).

La douzaine d'enfants du centre apprécient particulièrement de les rencontrer au point de "délaisser" un peu l'école des devoirs du mercredi après-midi !

Hier, samedi 30 janvier, la chorale entière s'est déplacée pour aller chanter pour les 270 étrangers qui vivent là-bas en attendant une hypothétique reconnaissance de leur statut de réfugiés...

Oh surprise, à notre arrivée, tout le monde était endimanché ! Les hommes avaient sortis leur plus belle chemise, certains étaient chaussés avec goût. Les femmes avaient passés leur plus beaux habits, leurs plus précieux bijoux de pacotille et certaines s'étaient même joliment coiffées pour nous faire honneur. Les enfants étaient beaux à croquer et leur sourire en a fait craquer plus d'une.

Quelle complicité entre eux et nous ! Quels regards ! Quels gestes touchants !

Une chorale ça chante et nous avons chanté ! Pour interpréter "Banuwa", une berceuse du Libéria, les gosses nous ont rejoints face au public et avec nous, ils  se sont immédiatement lancés dans un canon à quatre voix de ce chant. Notre chef de chœur en a été ravi et nous donc !

Puis certains enfants ont chanté en arabe et en albanais et ont terminé par deux ou trois comptines en français : de quoi montrer qu'ils assimilent déjà bien notre langue !

Des moments comme on aimerait en vivre tous les jours...


Pour des raisons évidentes, les photos avec les enfants ne sont pas publiées mais les souvenirs restent...

dimanche 22 novembre 2015

La photo de 2015 ?

Et voici notre dernière folie... Une jolie affiche pour un beau projet !
 
Et voici notre bonne ville de Charleroi aux couleurs de Micheline et de Louis !
 
Qu'est-ce qu'on va trouver pour la suite ? Je me demande si nous n'allons pas nous présenter aux élections. Il y a des moins comiques qui ont réussi. Pourquoi pas nous ? 
 

samedi 1 août 2015

Conte à quatre mains

 
Nous revenons d'un atelier d'écriture où nous avons eu l'occasion d'écrire ce conte, Micheline et moi...
 
Cerise au royaume d'Anis
 
Il était une fois une jeune fille que ses parents avaient appelé Cerise, car depuis sa naissance elle avait refusé toute nourriture à l'exception des cerises. Elle les aime tellement qu'elle engloutit des kilos de ce fruit sans prendre la peine de les dénoyauter. Un jour, en la coiffant, sa maman constate que quelque chose de vert pousse sur sa tête. "C'est un cerisier, j'en suis sûre ! Tu vois ce qui arrive à force de manger les noyaux !"
 
Au cours d'un jeu télévisé auquel elle participe, Cerise apprend qu'il existe un pays appelé le Royaume d'Anis où les cerisiers sont inconnus. "Quel dommage que ces pauvres gens ne connaissent pas ce fruit délicieux !" Aussitôt dit, aussitôt fait. Elle prend la bateau avec pour seul bagage un gros cageot de cerises.
 
"Halte-là ! On n'entre pas ainsi chez le roi !
 
Le gardien est inflexible.
 
- J'ai un cadeau pour le roi.
 
- Et vous croyez qu'un cadeau va vous ouvrir la porte du palais ?
 
- Dites au roi que j'ai un cadeau extraordinaire pour lui.
 
- Le roi n'a pas le temps. Toute cette semaine, il reçoit des jeunes princesses pour choisir une compagne pour Ricard, le prince héritier. Et ce n'est pas vous avec cet arbre bizarre sur la tête qui risquez d'être choisie.
 
- Goûtez ceci et vous changerez d'avis."
 
Le gardien est conquis.
 
"Que c'est bon ! Je suis persuadé que notre prince Ricard appréciera."
 
Et c'est ainsi que Damoiselle Cerise est autorisée à rencontrer Pastis 51, le roi ! Dès qu'il goûte le fruit inconnu, il est enthousiasmé lui aussi et décide que Ricard, le prince héritier, épousera Cerise.
 
On fait venir des cerises de partout dans le monde et le repas de noce est somptueux. Pour être sûr de ne jamais en manquer, chaque sujet du roi doit avoir au moins un cerisier dans son jardin.
 
Des années plus tard, quand le roi Pastis 51 meurt, Ricard lui succède et Cerise devient reine. Hélas, la nouvelle souveraine n'arrive pas à porter dignement la couronne de diamants, héritage de la reine-mère Absinthe ! Cela est pourtant indispensable pour les cérémonies du couronnement.
 
"Ma Reine, acceptes-tu que je coupe ce petit cerisier qui couronne ton royal visage et qui n'est d'aucune utilité ?"
 
"Oui, mon roi !"
 
Aussitôt dit, aussitôt fait ! Les festivités ont duré trois jours et trois nuits. Je le sais, j'y étais invité, moi, le jardinier du royal verger…
 
Un an plus tard, le roi a fait couper plusieurs fois le fameux cerisier qui repousse toujours avec vigueur. Pourtant, la couronne de la reine reste toujours de guingois…
 
Pour résoudre le royal problème, Ricard promet la main de sa sœur, la jolie princesse Anisette, à qui trouvera une solution.
 
On ne se bouscule guère car l'obstacle semble de taille. Seul un candidat se présente…
 
Quelques jours après, la reine Cerise arbore une superbe couronne faite de branches de cerisiers entrelacées.
 
Aussitôt dit, aussitôt fait. Moi, le jardinier du royal verger, je suis devenu l'époux comblé de la princesse Anisette !